Le gaspillage alimentaire : quelles solutions ?

De nombreuses actions sont possibles pour lutter contre le gaspillage alimentaire en restauration scolaire. Il s’agira de mieux planifier la production alimentaire, de sensibiliser les enfants et les parents, de définir des objectifs clairs et précis.
Depuis le 21 octobre 2019, les opérateurs de restauration collective en France doivent s’engager dans une démarche active contre le gaspillage alimentaire (ordonnance n° 2019-1069 du 21 octobre 2019). Réduire le gaspillage permet en effet de faire des économies et de mieux atteindre les objectifs de la loi EGalim. Trois grands axes sont proposés ici afin de faciliter cette démarche.
Planifier plus efficacement
Mettre en place des pesées
Afin de quantifier le gaspillage alimentaire et de visualiser les potentiels de réduction, l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) recommande de peser pendant une semaine les déchets de pain, des restes préparés non servis et des retours plateaux. Grâce à un tableur, il est possible d’effectuer un diagnostic des coûts du gaspillage en euros et en CO2, souvent sous-estimés.
Adapter le grammage des quantités
Le gaspillage vient d’abord d’une mauvaise planification des quantités. Il faut prévoir un grammage précis par repas afin d’adapter les portions, qui diffèrent d’une cantine scolaire à un EHPAD. De même, le décalage entre le nombre de plats préparés et consommés doit être réduit au maximum.
Revoir ses menus
Par ailleurs, on ne gaspille pas autant tous les aliments. Une adaptation des menus est opportune lorsque certains aliments, la salade décorative par exemple, sont systématiquement jetés. Des menus plus variés incitent également les convives à moins gaspiller. Côté cuisine, on gaspille plus facilement les aliments les plus fragiles, comme les légumes qui flétrissent. Il faut donc porter une attention particulière à leur conservation.
Rien ne se perd, tout se réutilise !
Une meilleure utilisation des aliments permet aussi de réduire les déchets. Les recettes anti-gaspillage sont nombreuses, des chips d’épluchures de légumes aux sauces à partir de surplus congelés de tomates.
Bien gérer ses stocks
Finalement, une mauvaise gestion des stocks peut favoriser les pertes. La surveillance des Dates Limites de Consommation (DLC) est importante. Elles ne doivent pas être confondues avec les Dates de Durabilité Minimale (DDM), avant lesquelles il est « préférable » de consommer le produit, mais qui peuvent être dépassées sans risque sanitaire.
Ces efforts de planification doivent s’accompagner d’une modification durable des comportements.
Sensibiliser aux bonnes pratiques
Demander pour donner
Selon une étude de l’ADEME en 2016, les restes dans les assiettes représentent la majorité des pertes en restauration collective. Avoir « les yeux plus gros que le ventre » mène nécessairement au gaspillage. Pour s’assurer que les quantités servies ne dépassent pas les besoins, un système de plats de différentes tailles en fonction de l’appétit s’est avéré efficace dans plusieurs établissements. Plus simplement, on peut demander aux convives s’ils ont peu ou très faim en les servant, ou réduire les quantités servies en autorisant de se resservir.
Le “gâchimètre”
Des actions concrètes peuvent être mises en place pour comprendre l’ampleur du gaspillage. Trier soi-même les restes de son repas est une première étape. Le pain gâché peut aussi être exposé dans un contenant transparent, indiquant ce à quoi équivaut la quantité gaspillée sur le modèle d’un « gâchimètre ». Jeter une baguette de pain équivaut par exemple à jeter une baignoire d’eau.
Communiquer pour prévenir
Pérenniser ces gestes s’accompagne de campagnes d’affichage et de prévention. Des ressources infographiques du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation sont disponibles en ligne. Il est par exemple possible de rappeler que l’aspect esthétique n’altère ni le goût ni les qualités nutritionnelles, afin d’éviter de gaspiller les fruits abîmés.
L’impact de la sensibilisation ne doit pas être sous-estimé. Les bonnes pratiques appliquées en restauration collective sont facilement reproduites dans les ménages. Il s’agit d’un bon levier pour changer les comportements collectifs.
Donner ses excédents
Pour la restauration collective, depuis le 1er janvier 2020, rendre impropre à la consommation les excédents alimentaires est passible de 3750€ d’amende. De plus, selon la loi EGalim, les opérateurs effectuant plus de 3000 repas par jour doivent proposer des dons à une association avant le 21 octobre 2020.
De nombreuses associations d’aide alimentaire sont habilitées à collecter et redistribuer ces excédents aux personnes qui en ont le plus besoin. Excellent Excédents, Biocycle ou Le Chaînon Manquant sont implantées en région parisienne et à Lyon. Des initiatives similaires sont disponibles sur l’ensemble du territoire national, et pas uniquement dans les grandes villes. Les Réseaux d’Évitement du Gaspillage Alimentaire (REGAL) et les collectivités territoriales peuvent être contactés facilement. Professionnels et bénévoles encadrent alors les collectes et veillent au respect des normes d’hygiène. Le don et la réduction du gaspillage alimentaire ont un fort impact sur la réalité sociale, lorsque l’on sait qu’un Français sur cinq a du mal à se nourrir sainement trois fois par jour.
Pour les employés en cuisine, donner a finalement plus de sens que de gaspiller.
En définitive, de nombreuses actions sont possibles pour lutter contre le gaspillage alimentaire en restauration collective: mieux planifier la production, sensibiliser et donner sont les principaux efforts à mener dans cette démarche à la fois nécessaire et rentable.
- Mesurer le gaspillage grâce à des pesées ciblées et ajuster les grammages en cuisine
- Optimiser la gestion des stocks et adapter les menus pour réduire les pertes à la source
- Sensibiliser les convives avec des portions modulables et des outils visuels (gâchimètre, affichage)
- Donner les excédents aux associations d'aide alimentaire pour une démarche solidaire
- Se conformer aux obligations légales imposant la lutte anti-gaspillage et le don des invendus
//Les questions// qu'on nous pose souvent
En centralisant la gestion des stocks bar et cuisine, nona permet d'avoir une vision précise de ce qui est disponible avant de passer commande. Cela réduit les commandes approximatives, les doublons et les pertes liées à des produits commandés en excès. En restauration commerciale, le gaspillage représente 68 centimes par repas servi en moyenne.
nona permet de suivre le gaspillage par service, d'ajuster les quantités produites grâce au suivi des effectifs et d'optimiser ses commandes en fonction des stocks disponibles. En restauration commerciale, chaque centime de perte évité est un centime de marge récupéré.
nona permet de suivre les effectifs réels par service et d'ajuster les quantités produites en conséquence. En hôtellerie, les buffets de petit-déjeuner et de banquet sont les premiers responsables du gaspillage, avec 4 tonnes par établissement et par an en moyenne selon l'ADEME 2025. Voir clair sur les effectifs, c'est le premier levier pour réduire les pertes.
En SRC, 100g de gaspillage par couvert et par repas représentent un enjeu financier considérable à l'échelle d'un parc. nona permet de mesurer le gaspillage site par site, d'identifier les sites les plus en difficulté et d'ajuster les quantités produites grâce au suivi des effectifs en temps réel.
La loi AGEC impose aux établissements de restauration collective de mettre en place un suivi du gaspillage et d'agir pour le réduire. nona permet de mesurer le gaspillage à chaque service grâce au suivi des effectifs réels, d'identifier les sources de pertes et de produire les reportings nécessaires pour rendre des comptes à votre direction.
Oui. Le suivi des effectifs par repas et par groupe de convives permet d'anticiper les quantités réelles et de réduire les pertes liées aux absences, aux refus de plats et aux régimes différenciés. Le médico-social est le secteur le plus gaspilleur de la restauration collective, avec 120g de nourriture gaspillée par convive et par repas en moyenne.
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